Ce vieux goût amer

Il y a 15 jours j’ai appris que ma sœur est encore tombée enceinte, par accident, sous pilule, d’un mec qui l’a larguée la veille de Noël.

Elle va avorter. Et moi je n’arrive pas à tomber enceinte. Même sans pilule. Même avec un amoureux genialissime.

Et là, la vie me laisse un arrière goût très amer, pour elle, pour moi. Un sentiment d’injustice profond.

Et je ne sais pas à qui parler de cette souffrance. Pas à elle son parcours est déjà douloureux. Pas à mes parents notre relation est trop compliquée

Alors je reste avec ce vieux goût amer et ce sentiment d’injustice et je pleurs toutes les larmes de mon corps, pour elle, pour moi, pour la vie qui ne va pas comme elle devrait.

Nouveau départ

J’ai rencontré mon nouveau gynécologue suite à mon déménagement.

C’est lui qui va faire les prises de sang, ultrasons, etc. pendant mon traitement FIV.

En à peine 5 minutes de consultation, il me balance, l’air de rien,

Oh mais vous avez vraiment des ovaires polykistiques typiques!

On ne vous l’avait jamais dit?

Et non, on ne me l’avait jamais dit.

La gynéco du centre où je suis suivie m’a toujours dit que tout allait bien, que nous n’avions pas de problèmes majeurs… Donc voilà un nouveau souci de découvert. Bon ça ne change a priori pas grand chose pour notre protocole, au moins ça.

Mais si les experts pouvaient se mettre d’accord sur notre problème, ça me simplifierait la vie.

La suite en 2018. En attendant, on a fait appel à un magnetiseur pour invoquer le miracle!

La suite en 2018

Noël approche, la fin de l’année approche et toujours pas de bébé dans mon ventre. Les Noël se suivent et se ressemblent.

Pour 2018, nous ferons une tentative de FIV en Suisse. Ce sera une FIV classique avec un embryon à J5. Il y a beaucoup de chance pour que ça marche. Le nouvel appareil du centre est formidable et blablabla ça c’est la théorie que nous a expliqué notre gentille docteure.

Mais avec la PMA on a l’habitude que rien ne se déroule comme en théorie. Alors aucune projection, on verra bien.

Et 2018 c’est encore loin finalement.

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Et si on faisait quand même une FIV?

Après ces quelques mois de pause, on commence sérieusement à penser à la suite avec mon Amoureux.

Déjà parce qu’on se rend compte que le miracle naturel ne viendra pas.

Aussi parce qu’on se rend compte qu’on vieillit malgré tout et que le temps nous est compté.

Aussi parce qu’on a vraiment envie de devenir parents et qu’on veut mettre toutes les chances de notre côté.

Alors on réfléchit, on se dispute, parfois, parce qu’on n’a pas les mêmes idées, pas la même temporalité, on se réconcilie, on rêve, on imagine et on construit un monde où tout serait possible.

Et aujourd’hui? On réalise de plus en plus qu’on va devoir passer par la FIV. Mais ce qui peut sembler aller de soi, ne va vraiment pas de soi en Suisse.

Une FIV c’est 10’000.- à investir pour un résultat totalement aléatoire. Une FIV c’est sortir des traitements reconnus pris en charge par l’assurance maladie en Suisse et donc être considéré comme une exception, comme hors de ce qui vaut une reconnaissance.

Alors une FIV forcément ça pose aussi plein de questions? les aspects éthiques, le manque de naturel de la méthode (surtout pour nous les bobos écolos bios), le manque de recul sur ces techniques, et tout un tas d’autres milliers de questions qui nous font hésiter (en Suisse ou à l’étranger, et les maladies, les problèmes pendant la grossesse, les doutes, les angoisses, les traitements effrayants, les milliers de rendez-vous à prendre, les attentes interminables, les échecs, les déceptions, les pleurs, et tellement plus encore).

Mais une FIV c’est aussi des nouvelles ouvertures. Et si ça nous permettait de comprendre ce qui ne va pas? Et si c’était notre seule chance pour avoir un bébé? Et si ça marchait, est-ce qu’on n’oublierait pas toutes les difficultés de ce parcours du combattant?

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Alors on est là entre nos « et si » et nos doutes.

Et cette roue qui ne tourne pas?

Voilà bientôt 5 mois qu’on a arrêté la PMA…

En 5 mois, 5 annonces de grossesses parmi mes amies les plus proches

Parmis ces 5 annonces une FIV a réussi et ça c’est plutôt une nouvelle réjouissante

2 nouveaux -nés

1 déménagement

1 changement de job pour chacun de nous deux

1 semaine de vacances géniale au Maroc

2 rendez-vous chez ma chiro que j’espérais magicienne

5 nouveaux cycles qui recommencent toujours sur le même scenario

5 déceptions même si on ne croit plus au bébé couette oui mais on sait jamais, les miracles ça existe non? surtout qu’on a pas de problèmes majeurs…

Pas de miracle pour nous, 2 ans et demi d’essai bientôt, 4 IAC, et c’est toujours le néant

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Quand est-ce que la roue tournera aussi pour nous?

L’après PMA

Après quelques semaines sans un mot, sans un écrit, le retour sur ce blog me fait du bien…

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Gérer l’après PMA, c’est :

  • Ne plus avoir de rendez-vous pour des prises de sang
  • Ne plus devoir se piquer le ventre
  • Ne plus stresser avant chaque rendez-vous
  • Ne plus s’inventer des symptômes
  • Ne plus croire que ça peut marcher de façon naturelle
  • Faire d’autres projets
  • Se sentir plus libre
  • Etre soi-même

Mais c’est aussi

  • Ne plus avancer dans le projet bébé
  • Voir toutes ses amies tomber enceinte les unes après les autres et savoir que NON ce ne sera PAS notre tour ensuite
  • Se sentir désemparée et en colère souvent
  • Ressentir de l’injustice à chaque nouveau-né
  • Perdre espoir jour après jour

Image associée

Nous sommes 3 mois après l’arrêt de la PMA. Nous ne sommes toujours pas prêt à envisager la FIV. Je me demande si je le serai un jour…

Gérer l’attente

La pause PMA, la pause traitement commence déjà à me peser. J’ai l’impression de ne plus tellement avancer et ce temps qui court, qui court et qui ne s’arrête pas.
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Notre pause est nécessaire car pour le moment c’est difficile d’en parler avec mon Amoureux.  Il n’arrive pas à se projeter. Il n’arrive pas à prendre de décisions. Il a de la peine à accepter notre situation, à accepter qu’on a un problème et qu’on va avoir besoin de faire plus que des inséminations.
Pour moi, c’est un combat qu’on doit mener à deux, et tant qu’il ne se sent pas prêt, nous n’avancerons pas. Je ne voudrais pas partir dans une direction sans son accord.
Alors pour le moment, on patiente, on essaye de construire d’autres projets. Et moi mon cœur balance toujours entre FIV et adoption.
Pendant ce temps-là, du côté des fertiles, les annonces de grossesses se succèdent et se ressemblent.
« On ne s’attendait pas à ce que ça vienne si vite, on ne se sent pas vraiment prêt »
« On a décidé il y a 2 mois, de mettre le deuxième en route, et je suis tombée enceinte tout de suite »
« Machin va être grand frère » – et moi je ne suis toujours pas enceinte du premier….
« Je suis si fatiguée de ma grossesse » -moi je suis fatiguée de ce combat contre plus fort que moi
Bref la quasi totalité de mes amies sont mères ou en phase de le devenir…